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Aratika, la vie des motus

13 septembre 2017, par Emeline

Cet atoll, qui a une jolie forme en dent de requin, était pour Michael et moi un des objectifs de notre voyage polynésien. Défendu par deux passes réputées difficiles, ce petit coin de paradis peu fréquenté par les voiliers a en effet accueilli nos « héros » navigateurs : Jérôme Poncet et Gérard Janichon sur Damien dans les années 70, et Daniel et Majy Drion avec leur fils et leur bateau Elaeïs dans les années 80.
Ce mercredi 30 septembre, alors que nous franchissons la passe en compagnie de Ribouldingue, nous sommes donc plutôt satisfaits … sans même savoir l’accueil chaleureux que nous réserve les habitants de cet atoll, ni les moments privilégiés que nous vivront en leur compagnie durant notre séjour.



Georges, entre deux parties de boules, perfectionne notre connaissance de la noix coco. On pourrait en dire long sur ce fruit au mille vertus. Consommé vert, on peut en déguster l’eau, désaltérante et sucrée, et le nia, qui est la pulpe très fine et moelleuse à ce stade. Puis le nia devient omotto, plus consistant. Ensuite la coco est mure à point, l’eau est moins abondante et la pulpe épaisse et charnue peut être râpée pour en extraire le lait. Le lait de coco ainsi récolté est délicieusement doux et gras, tellement meilleur que le lait en boite. Et enfin la coco commence à germer, une nouvelle pousse apparaît. A l’intérieur de la noix, plus de liquide mais une boule juteuse et sucrée, l’uto, que l’on peut croquer telle quelle.
Passons ensuite à la cuisine, pour déguster du riz au lait de coco, ou bien du poisson mariné au lait de coco, du pain paumotu à base de nia rapé et de farine, du ipo (variante du pain paumotu avec sucre et lait de coco), des bonbons coco, ou un cake à la coco ! Voilà quelques secrets de ce fruit étonnant, qui est l’élément de base dans la nourriture paumotu.
Georges a aussi capturé un kaveu, c’est un crabe des cocotiers. Magnifique crabe aux allures de homard avec sa couleur bleutée et ses grosse pinces avant, nous apprenons à le prendre sans nous faire pincer. Ce crabe vit à terre dans des trous, et se nourrit de coco. Pour l’attraper, il faut l’appater avec une noix de coco attachée à un fil. Nous passons une soirée inoubliable avec Emeline et Francois a déguster ce kaveu que George nous a cuisiné, mariné dans une sauce au curry et au lait de coco, et accompagné de petits pains paumotu. Un régal, merci Georges !



Sur un motu voisin vit la famille de Vaiani et Assan. Ils ont deux filles et une petite fille qui a presque le même age que Thaïs. Très attachants et généreux, ils nous ont invités à déjeuner, et fait visiter leur motu. Eux produisent beaucoup de copra (coco séchée qui sert à la fabrication d’huile) et vont régulièrement sur des motus inhabités pour récolter la coco. Ils s’occupent aussi des parcs a poissons situés dans la passe Est de l’atoll. Michaël, Emeline et Francois ont pu observer de près la capture de poissons, qu’ils nous ont ensuite offerts.


Nous faisons aussi la connaissance de Ida, Taané et Emmanuel, qui vivent sur le motu le plus au sud de ce petit groupe. Ce couple vit avec leur petit fils adoptif, qu’ils forme aux travaux de l’atoll pour les seconder dans les taches devenues difficiles. Ida est originaire de Taha, l’île sœur de Raiatea. Elle était institutrice à Tahiti avant de prendre sa retraite à Aratika. Elle adore les enfants, et s’attache instantanément à Adélaide et Thais qui en profitent bien pour glaner quelques douceurs ! Le petit cerisier (qui ressemble vraiment à un cerisier, avec des fruits un peu plus pales au goût acidulé) se souviendra de leur passage … Chez eux, nous découvrons encore d’autres aspects de la vie paumotu. Couronnes de fleurs, recettes de cuisine, pêche au bénitiers, etc. Michael et Francois sont conviés à une partie de pêche au rouget nocturne, que nous dégustons au petit déjeuner en beignets frits, un régal … Il n’y a que la fafaru qui nous laisse septique, il faut avoir le cœur bien accroché : ce sont des restes de poissons fermentés à l’eau de mer, l’odeur est …. nauséabonde pour nos petits nez de métropolitains, mais eux semblent s’en régaler. Taané est aussi adepte des yeux de poissons, gobés tout gluants …




Le temps passe ainsi trop vite, nous lézardons sur et sous l’eau dans ce décor de rêve, et passons de belles soirées avec nos amis de Ribouldingue. Mais l’heure du départ sonne quand même … nous faisons nos adieux et repartons chargés de colliers de perles et de coquillages, des souvenirs inoubliables plein la tête ...

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