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Bon Bini Dushi ! Bonaire et Curaçao

11 mars 2017, par Emeline

Après quatre jours de navigation, nous arrivons sous un soleil de plomb et sans le moindre souffle d’air à Bonaire. Première des Antilles néerlandaises sur notre route, Bonaire nous a permis de remettre au point quelques détails géopolitiques que nous ignorions… Besoin de passer à l’immigration, ah bon ? Mais ce n’est pas l’espace Schengen ici ? Non, non, ce n’est pas du tout l’Europe. Soit dit en passant, les habitants de Bonaire ont un passeport européen. Va donc pour l’immigration et les tampons sur les passeports.
Nous mangeons quelques glaces et nous nous baignons dans les eaux claires très réputées (Bonaire est un des sites les plus cotés au monde pour la plongée sous-marine). Et à Curacao, on paie aussi en dollars US ? demandons nous à une vendeuse (de glaces). Non non, c’est le Florin Antillais. Ah, bon … Et pour Aruba ? Aruba, c’est le Florin Arubais. Mais vous faites tous partie du même pays pourtant ? Non, non, pas du tout !

Ok, repartons de zéro alors. Au royaume des Pays-Bas, il y a plusieurs territoires autonomes :
- les Pays-Bas, qui comprennent Bonaire, Saba et Saint Eustache (trois îles des Caraïbes) en tant que communes néerlandaises à statut spécifique,
- Curacao,
- Aruba,
- et la partie néerlandaise de Saint Martin (l’autre partie étant française).
Les habitants de tous ces territoires ont la nationalité néerlandaise, donc sont des citoyens européens et sont représentés au Parlement européen. Mais mis à part le fait de manger des Kroketten et des Frikandel, on est loin de l’Europe et des Pays-Bas ici.

Pour le comprendre, rendez-vous au Carnaval de Curaçao ... Dimanche matin, 9h, nous embarquons dans le bus à l’arrêt de Spanish Water. Nous sommes arrivés la veille dans ce grand lagon très ramifié, au sud de Curaçao. De riches maisons sont construites sur les rives, des hôtels et des piscines privées bordent tout le chenal d’accès. Mais dans le lagon à l’eau trouble, de nombreux bateaux végètent, des petites marinas vétustes et aux pontons branlants vivotent au milieu d’un fourbi de matériel et de bateaux abandonnés. Le contraste est saisissant.
En route pour Willemstad, la capitale du Curaçao. Le front de mer de cette ville aux allures de carte postale néerlandaise est très beau. Les façades sont colorées, harmonieuses, dans un style néerlandais colonial. Nous nous dirigeons à l’autre bout de la ville au bureau de l’immigration pour une nouvelle séance administrative, à quatre bien sur, car les Pays-bas sont assez tatillons sur les procédures, et exigent la présence de tout l’équipage, bébés compris …

Midi, ouf, c’est terminé. Halte à une terrasse, nous reprenons des forces pour la suite de la journée. Aujourd’hui la Grande Parade du Carnaval a lieu dans les quartiers ouest de Willemstad. Sitôt sorti du centre ville de la capitale, nous sommes plongés dans une ambiance plus authentique : plus de touristes ici, place aux locaux et au Papiamento. Des barrières métalliques bordent les deux cotés de la route coupée à la circulation. Des centaines de tabourets, bancs, estrades en bois s’agglutinent le long des barrières, et chacun prend petit à petit place pour le spectacle. Le son monte, les verres sont toujours pleins, il fait une chaleur écrasante en plein soleil et les petites échoppes sont prises d’assaut pour acheter des glaçons. Nous reprenons notre marche avec quelques litres d’eau fraîche, les filles ont très chaud et Thaïs s’endort dans la poussette.

Plusieurs kilomètres plus loin, il y a de plus en plus de monde et de plus en plus d’ambiance ! Il commence a devenir difficile de progresser, nous nous arrêtons donc pour attendre la parade. Patience en plein soleil à discuter avec des grand mères de Curaçao (qui s’extasient comme d’habitude devant Thaïs et Adélaïde : ooh, dushi !!), ce n’est que vers 16 heures que les premiers chars apparaissent. La foule se déchaîne au son de la musique, les gens sont radieux et les costumes magnifiques … Après les "reines de beautés", arrivent les convois de gens richement décorés. Les costumes et les masques sont très colorés et minutieusement brodés, cousus. Des groupes de musiciens accompagnent les chars, tout le monde danse au son de la Tumba. Un beau spectacle !


Malheureusement il nous faut partir sans trop tarder pour ne pas rater le bus, les filles sont exténuées, il est temps de rentrer. Nous refaisons tout le parcours inverse par des rues parallèles, et arrivons au bateau à 19h30 après une journée plus que remplie. Nous regrettons un peu de ne pas avoir pu assister à la suite de la parade, tant pis, nous reviendrons …

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