[]

Bora Bora, un mythe ?

27 décembre 2017, par Emeline

Bora Bora, la star du Pacifique, la perle du Pacifique, un lagon éblouissant et idyllique. Magique. Alors qu’en est il vraiment, maintenant que nous y sommes ? Disons que nous avons succombé à certains charmes de cette île mondialement connue, qui sont d’ailleurs la raison de son engouement touristique. Nous avons par contre beaucoup moins apprécié l’inévitable revers de la médaille … Pour finir nous avons découvert son coté polynésien, authentique et très attachant, que nous avons malheureusement du quitter trop rapidement pour cause d’impératif météo.

Commençons par le début. Bora Bora est une île qu’on aperçoit et qu’on reconnaît de loin, grâce à la forme caractéristique du Mont Pahia qui culmine a 661 mètres. L’île principale, très verte, est entourée par un vaste lagon qui possède toute les teintes de bleues possibles et imaginables. L’eau, à certains endroits du lagon, est tellement claire qu’on se croirait en lévitation parmi les récifs et les poissons. Sublime, on en redemande. La douche froide vient quand nous tentons de débarquer en annexe sur la belle plage privée d’un hôtel, pour que les filles puissent jouer. A nous quatre, cela fait 50 000 XPF la journée soit 400 euros … Pour une telle somme, nous aurions eu heureusement le droit de profiter de la piscine, et certainement d’un repas ! Bref, on est rentrés à bord. Pas de plage, mais nous savourons le plaisir de profiter du même lagon que les touristes fortunés pour … rien.
C’est vraiment ça finalement qui dénature Bora Bora. Les hôtels à outrance, le luxe qui côtoie la grande pauvreté que nous constatons sur l’île, les boutiques de perles à plusieurs milliers d’euros à coté des petits vendeurs de fruits sur le bord des routes. Vaitape, le bourg principal, est sale, bruyant, les odeurs nauséabondes, les gens peu aimables. Nous avons même du mal a faire du stop ….

Du coté est de l’île, le lagon est entièrement entouré par des motus sur lesquels se sont développés des hôtels de grand luxe. Heureusement ceux-ci sont plutôt harmonieux avec leur bungalows sur pilotis, pour certains en matériaux végétaux. Mais la encore, trop c’est trop.

Nous finissons par mouiller dans une jolie baie épargnée par le tourisme. A terre, alors que nous cherchons une palme de cocotier pour décorer notre bateau de son « sapin » de Noël, nous rencontrons Marie, Charlie et leur fille Haydey. Marie, originaire de Bora Bora, est en train de terminer son travail de la semaine : elle confectionne des carrés de pandanus pour les hôtels. Une fois assemblés, ces carrés formeront les toits des bungalows, un peu comme des toits de chaume. Son mari, Charlie, travaille également pour un hôtel, en tant qu’intendant. Haydey, du haut de ses 10 ans, déborde de vie et offre sans tarder du sirop et des chocapic aux filles (il est presque midi mais peu importe !) , trop heureuse d’avoir de la compagnie.

Marie et Haydey nous font découvrir leur territoire. Après une marche de 15 minutes à travers une magnifique forêt, nous débouchons sur le récif coté océan. De tout les cotés, la vue est superbe. Devant, on voit l’océan qui éclate en vagues turquoises sur les coraux, se répétant à l’infini de chaque coté. Au loin, on admire Tahaa et Raiatea, et derrière nous on aperçoit le Mont Pahia par dessus la végétation du motu. Une petite piscine naturelle nous rafraîchit, puis Marie m’apprend des techniques pour se déplacer et pêcher les langoustes qui abondent sur le récif, sans se faire emporter par les vagues. Nous prenons au passage quelques omao, sorte de berniques que l’on peut manger crus ou cuits. C’est décidé, nous reviendrons le lendemain soir pour une partie de pêche à la langouste. En effet, la langouste s’attrape la nuit, sans lune, avec une frontale. Et il faut que la houle soit assez faible pour pouvoir aller à pieds sur le récif, toutes les conditions sont réunies, c’est le moment ou jamais.
De retour de ballade, nous découvrons le motu en pleine effervescence. Une bonne partie de la famille de Charlie vient de débarquer pour les vacances de Noël, avec des tentes et des vivres. Marie nous explique d’un ton un peu désabusé que tous les ans c’est pareil, qu’ils pourraient rester juste une semaine mais qu’ils restent un mois, et que c’est quand même un peu long !

Malheureusement nous devons prendre une décision concernant la météo. Un bon créneau de nord-ouest s’offre à nous, à prendre ou a laisser … Nous décidons finalement de le prendre, pour ne pas risquer les 150 miles qui nous séparent de Tahiti dans la pétole ou au près. C’est donc très tristes que nous abandonnons l’idée de la pêche à la langouste, et l’idée de passer Noël avec Marie et sa famille.
Adieu Bora, nous sommes malgré tout content d’avoir trouvé le visage humain de cette île trop célèbre, et bon Noël à nos amis du motu Piti Aau ...


Répondre à cet article



5 Messages

  • Bora Bora, un mythe ? Le 31 décembre 2017 , par Alain

    Bonjour Emeline,
    Au détour d’un chemin vous risquez de croiser Anthony TA50 (Géophy), jusqu’en 2016 il était au St Regis Ressort à Bora Bora.
    Il a changé de poste depuis mais est toujours sur Tahiti.

    Meilleurs voeux à tous pour 2018.
    Vous allez être les premiers à voir les lueurs de 2018...

    Bises

    Répondre à ce message

    • Bora Bora, un mythe ? Le 2 janvier 2018 , par Emeline

      Meilleurs vœux à toi également Alain ! TA50 ou 59 ? on vieillit c’est sur ... On était plutot en retard sur la France pr passer en 2018, de 11heures. Comme ca on a pu profiter un peu plus longtemps de 2017 :-) par contre on va sauter une journée bientot en passant la ligne de changement de date et boucler notre tour du monde !

      Répondre à ce message

      • Bora Bora, un mythe ? Le 3 janvier 2018

        En fait je pensais à TA60 ! pour écrire TA50 !!
        Comme quoi c’est loin tout çà...
        Hé oui, on prends tous un an à chaque 365 jours, certains sont sur la pente ascendante et d’autres sur la pente descendante.
        Ainsi va la vie !
        Bises

        Répondre à ce message

  • Bora Bora, un mythe ? Le 3 janvier 2018 , par Dodo

    Article très intéressant. Les propriétaires des hôtels sont-ils polynésiens ?
    Et y-a-t-il une protection du littoral là-bas ?

    Répondre à ce message

    • Bora Bora, un mythe ? Le 3 janvier 2018 , par Emeline

      Je pense que la majorité ne sont pas polynésiens mais je ne sais pas trop en fait. Pour ce qui est du littoral et de la protection de l’environnement, c’est un vaste sujet et une question cruciale pour la Polynésie ... de quoi faire un article ! certaines choses se mettent en place comme la creation de parcs marins mais ce qui est sur c’est que l’homme a largement laissé son empreinte negative au cours du siecle dernier.. verra t on encore autant de coraux si on revient voyager ici dans 20 ans ?

      Répondre à ce message

    Mentions légales