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Fenua Enata - Terre des Hommes

27 juillet 2017, par Emeline

Comment décrire notre arrivée à Fatu Hiva sinon en disant que nous avons atterrit dans un petit coin du paradis ? Le décor est de rêve dans cette baie de Hanavave, et sitôt le pied posé à terre, nous sommes accueillis très chaleureusement par les habitants, qui nous offrent bananes, pamplemousses, citrons, manioc …
Ici, la nature est généreuse. Il n’y a qu’à tendre la main sur le bord des chemins pour se nourrir. Tout semble pousser, et bien pousser : les fruits sont gros, juteux, pulpeux, nous nous régalons … Qui n’a jamais goûté à un pamplemousse des Marquises, gros comme un ballon de hand et bien sucré ne connaît pas vraiment les pamplemousses !



Bienvenue sur la Terre des Hommes, Fenua Enata … Peuplé depuis plus de 2000 ans par les austronésiens, cet archipel d’une dizaine d’îles a été redécouvert par les européens à partir du 16e siècle. Les espagnols lui donnèrent son nouveau nom de Las Marquesas de Mendoza en 1595, et les français en prirent possession en 1842. Outre l’alcool et les armes à feu, l’arrivée des européens apporta son lot de maladies qui décimèrent la population, la faisant tomber à 2000 habitants dans les années 1930. Les missionnaires très présents convertirent la population, aujourd’hui majoritairement catholique, mais ce fut au prix de la quasi disparition de la culture ancestrale marquisienne. Le 21e siècle est à la recherche de ces racines disparues que les marquisiens s’attachent à redécouvrir et à transmettre. Danses, chants, art, tatouage, tout au long de notre séjour dans les Marquises, nous seront conquis par la richesse de ce patrimoine …

Pour l’heure nous profitons de la sauvagitude de Fatu Hiva. Cette île fait partie du groupe sud de l’archipel, avec Hiva Oa, Motane et Tahuata. Assez éloignée des autres, Fatu Hiva est très mal desservie, y venir par nos propres moyens est donc un petit privilège. Seuls deux villages occupent les vallées hospitalières, le reste de l’île est très sauvage et inhabité. Les habitants vivent de leurs cultures, de la pêche, et de l’artisanat. La venue régulière de l’Aranui (bateau qui fait des rotations en Polynésie Francaise, pour l’acheminement du frêt et la croisière de touristes) relie Fatu Hiva au reste du monde. A chaque rotation, les habitants préparent leurs sacs de coprah qu’ils vendent à une usine de Tahiti. La coprah, à l’odeur un peu rance, est le nom donné à la chair de noix de coco lorsqu’elle est séchée. Elle est utilisée pour la fabrication d’huile de coco, de monoï et de produits de cosmétique.
Les artisans et sculpteurs sont également nombreux sur l’île. Nous admirons leur tiki en bois de rose, les lances en pierre, bois sculpté et rostre d’espadon. Les femmes s’occupent à la création des tapas : l’écorce des arbres à pain est récoltée, grattée, puis tapée à l’aide d’un outil pour l’aplanir. Sa taille quadruple pour former une feuille très fine, qui servira de support à des motifs polynésiens tracés à l’encre noire.

De discussions avec les habitants en randonnées dans cette nature grandiose, nous découvrons petit à petit cet univers polynésien dont nous rêvions depuis longtemps … Et nous pouvons dire que nous sommes totalement sous le charme ...


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