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Kontan wè zot Matinik

25 janvier 2017, par Emeline

Bienvenue en Martinique !… Cette île magnifique et verdoyante fait partie des Petites Antilles. Grâce à son climat tropical, de nombreuses espèces animales et végétales s’y épanouissent. En témoignent ces iguanes croisés à l’improviste sur un terrain vague de Fort de France …

Destination touristique très prisée aujourd’hui, la Martinique n’a pas eu un passé très rose.
Conquise à l’époque de la découverte du « nouveau monde », elle a été disputée aux anglais, espagnols et néerlandais par les français qui la colonisent définitivement au début du 17e siècle. La population indigène, les Caraïbes, est chassée et exterminée, il n’en reste bientôt plus un seul. Les colons introduisent la canne à sucre, et développent les techniques de production de sucre et de rhum, qui font la richesse de l’île. Mais la main d’œuvre manque ... S’ensuit un sombre passé d’esclavage, la traite des noirs bat son plein et de nombreux africains sont déportés dans d’horribles conditions pour venir travailler dans les plantations de canne à sucre.
Malgré la « Déclaration sur l’égalité des droits politiques des hommes de couleurs libres » en 1791, puis l’abolition de l’esclavage écrite dans la Convention de 1794, la route est encore longue vers l’égalité des droits entre tous les martiniquais. La loi de 1794 n’est en effet jamais appliquée, et en 1802 Napoléon rétablit officiellement l’esclavage. Joséphine de Beauharnais, enfant du pays et compagne de Napoléon, est soupçonnée d’avoir favorisé cette décision privilégiant les propriétaires terriens. Ce n’est qu’en 1815 que les choses commencent à changer, et seulement en 1848 que l’abolition immédiate de l’esclavage est déclarée et appliquée, notamment grâce à l’action de Victor Schoelcher.

Depuis, la situation économique de l’île a connu de nombreuses crises dans un climat social très tendu. Aimé Césaire, personnage influent de la Martinique dans les années 1950, a laissé son empreinte en guidant l’île vers plus d’autonomie tout en assumant son appartenance à la France. Aujourd’hui la situation économique et sociale reste assez précaire, le passé de l’île n’étant pas long à ressurgir en cas de conflit. Le tourisme très développé depuis la métropole, ouvre toutefois un nouvel horizon économique aux martiniquais.

Les rhumeries n’ont cependant pas toutes été fondées par des Békés (nom donné aux riches propriétaires blancs issus de la colonisation, qui exploitaient de nombreux esclaves sur leurs plantations). Le rhum Clément, connu aujourd’hui dans le monde entier, en est un exemple. Homère Clément, son fondateur, était un natif du village Le François. Envoyé en métropole pour faire des études de médecine, il revient travailler en Martinique ou il est l’un des premiers médecins de couleur. Ce travail bien rémunéré lui permet d’acheter en 1887 le Domaine de l’Acajou, pour cultiver la canne à sucre et produire son propre rhum. Il est un des rares hommes non blancs a devenir propriétaire. Il deviendra par la suite maire du François et député de Martinique.



Le magnifique domaine est aujourd’hui aménagé avec un parc et une palmeraie, et l’habitation principale est un témoin de la vie dans les maisons créoles du 18e siècle. Les maisons des propriétaires étaient construites sur les hauteurs des domaines pour bénéficier de plus de fraîcheur, les jalousies permettant de bien ventiler l’intérieur. Les façades étaient couvertes de wapa, bois guyanais très isolant.


Le rhum est bien sur excellent, nous avons profité de notre visite pour refaire nos stocks pour la suite du voyage ... Les cales sont pleines !

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